Il était une fois...Lanas

rue de Lanas ancienne

Lanas (Lanassio)

Une histoire des familles : Chazeaux, Balazuc, Vogué, Dalmace et La Crotte, seigneuries pour certaines et coseigneuries pour les autres, de Lanas. Par exemple Monsieur Peyrard qui a fait un nombre incalculable et d’incroyables recherches sur l’historique de Lanas, écrit qu’ a été réalisé en 1256 un acte d’inféodation d’Audibert de Vogüé a I’un des Dalmace de Lanas, vieille famille noble de Lanas.

Et que le 1er septembre 1265 Monsieur Pons de Vogüé achète a Guillaume de Balazuc Seigneur de Lanas, des terres situées à Lanas. Puis, on parle de Raymond de Vogüé dans des actes de délimitation de terres datant de 1309 a 1311. etc, etc…Durant deux cents ans, peu à peu, les Vogué absorberont toutes les terres et droits des Seigneurs de Balazuc pourtant leurs suzerains. Mr Peyrard dit aussi, qu’ au 14éme siècle les revenus des seigneurs n’étaient pas les terres mais les droits sur l’utilisation des moulins, fours, passeurs et autre services. Tous les sujets étaient tenus de faire moudre leur grain dans les moulins de Lanas, de cuire le pain dans les fours du Seigneur et de passer la riviere d’Ardeche dans ses bateaux.

Le Seigneur de Vogüé partageait son pouvoir sur Lanas, Lachapelle et Saint Germain et Vogué

avec celui de La Crotte dont le chateau se trouvait a Vogué. Monsieur Peyrard toujours lui, signale un fait amusant et très rare même en France : il y aurait eu à Lanas au moyen age un qui allait dans les familles pour dire du mal des fiancés et de leurs familles. Dans quel but? alors ca…

En 1348 Ia peste ravage Ia région, c’est la famine. Au 15éme Pierre de Vogué dans un testament

lègue a son neveu Pierre la petite Seigneurie de Lanas qu’il détache de son patrimoine.

Le 5 février 1576 l’acte de conciliation entre Catholiques et Protestants est signé a Balazuc. Mais

ce n’est qu’en 1594 qu’un traité est enfin signé en présence du représentant du Roi, et le seigneur de

Montréal doit rendre les places qu’il occupait, dont celle de Lanas.

Les de Vogüé ou comment les prénoms se succédent : Audibert, Raymond(s), Pierre(s), Pons, Antoine, Jean(s), Barthélemy, Gui|laume(s), Melchior(s), Gaspard… ont occupé une place

indiscutable dans le passé de Lanas, comme par exemple en 1641 Melcnior de Vogüé qui assure la fondation d’une école.

10 ans plus tard Gaspard de Balazuc, Seigneur de Lanas souhaite être inhumé dans la chapelle de Ste Léocadie a Saint Maurice.

Le dernier seigneur Balazuc de Lanas est mort pendant Ia Révolution en 1792.

Mais, il était bien autrefois

St Martin et Lanas, un seul village !

Et il y a 160 ans, en 1846 est née la commune de Lanas. Le village de était

divisé en 2 sections et c’est la riviere Ardeche qui les séparait. Un problème évident de communication s’imposait aux habitants, ils ne pouvaient traverser la riviere que lorsque les eaux étaient basses à l’aide d’un bac à péage. Sinon, ils étaient contraints d’effectuer un tres long périple par les terres pour y emprunter le pont suspendu a Vogué, et parfois juste pour remplir une formalité administrative. Toutefois il y avait 2 paroisses, mais c’était d’autant plus de frais en restaurations, réparations et reconstruction etc…

C’est pourquoi une pétition fut lancée pour obtenir de former 2 communes distinctes : St

Maurice-Terlin et Lanas. Et c’est sous Louis Philippe, Roi de France que cela fut fait !

Terlin, de terre a lin, parce que le lin était cultivé a St Maurice, quant au nom de Lanas, il est du a la

laine travaillée par de nombreux tisserands installés au village. *St Maurice d’Ardéche aujourd’hui.

Aprés le projet d’un pont submersible en 1879, et son abandon dans le même temps, la commune

s’acharne sur un projet de grande envergure : un pont a 9 arches de 2Om d’ouverture. C’est en 1898

que l’autorisation est donnée, en 1902 les travaux commencent.

Et c’est la vue magnifique que nous avons aujourd’hui de ce pont sur le Vieux Lanas, fortifié a deux reprises, la 1ère fois lors de sa construction probablement au 12ème siècle. et la 2éme datant

de 1428 lorsque le pays lutte contre les exactions des Routiers.

Ces murs protègent ce charmant et très beau village, nul besoin de reconnaissance institutionnelle pour faire partie des plus beaux villages de France, il suffit de visiter Lanas et vous comprendrez. Tout d’abord Ie château, dont il ne reste pratiquement rien mais on remarque très nettement que l’habitat s’est développé à partir de lui. Vous serez séduit comme je l’al été en circulant au coeur des ruelles pavées, et ce qui surprend également c’est la propreté qui y règne.

Le Patron du village St Eustache est fêté le 3ème week end de septembre. Vous ne manquerez

pas non plus le Presbytere de 1865, et les restes du couvent de Bénédictines avec sa chapelle du

XI éme siècle dédiée à St Eustache, rachetée par une dame qui l’a restaurée en conservant toutefois son authenticité. A voir aussi la place du village restaurée en 2007. Elle accueille chaque été les terrasse des restaurant, elle a été considérablement embellie. Place qui était à l’origine le cimetière, il fut transféré en 1862 après plus de 30 ans de démarches, car il était prévu en ce lieu une plantation de muriers mais Ie projet n’a pas abouti. En revanche après l’acquisition du terrain pour le nouveau cimetière, les feuilles de muriers qui s’y trouvaient furent vendues aux enchères et cela a permis la construction du mur. Il faut dire que la culture du mûriers a été conséquente a Lanas, plus de 10000 y furent comptabilisés. Aujourd’hui les terres laissent la place à la vigne et notamment au bois de vigne (poudilles).

Le cimetière justement parlons-en. Il héberge un célèbre, Henri Charriére, dit

Papillon qui fut condamné aux travaux forcés à perpétuité accusé d’avoir tué son ami Roland Legrand en 1931. De sa vie de bagne en Guyane, il a écrit un livre dont a été tiré le film. Mort en 1973 il repose à Lanas auprès de sa mère Louise qui était institutrice à Ucel.

Les platanes qui ombrent la place de cet authentique village, ont été mis en place en 1879 au nombre de 11, et le muret a été prolongé par une pierre de taille pour le protéger des charrettes. Elle évolue cette place, et l’été elle accueille les terrasses des 3 restaurants.

La vie associative est partagée par des Lanassiens qui se régalent de ce qui est organisé, comme le grnad concours de Boules lors de la féte votive, les feux d’artifice, la Brocante, les castagnades, les bals, sans oublier depuis quelques années le festival de Lanas.

Vivre a Lanas, c’est vraiment un choix délibéré, c’est de toute évidence une qualité de vie qui attire. Si ce village n’a pas une labellisation qu’il mérite, il n’en demeure pas moins que le périmètre du vieux village est protégé, et que toute initiative est soumise à une autorisation ou à une.

Article paru dans MaBastide