Papillon, le livre et le film

Steeve Mc Queen film Papillon

Fin avril 1969, les Français disent “non” à De Gaulle. Début mai, Ils commencent à dire
“oui” à Papillon. C’est le début d’une aventure éditoriale.
En ce début de mai 1969, l’éditeur Robert Laffont a pris un risque éditorial: il a tiré à 20 O00 exemplaires le récit des aventures d’un ancien bagnard, Henri Charrière, dit Papillon. Les ventes démarrent doucement, puis accélèrent, et le lundi 19 mai, le livre fait l’objet d’un deuxième tirage de 40 000 exemplaires. Phénomène incroyable, cette réimpression est pratiquement épuisée dans la journée de mardi. Ce même jour, on procède donc à un nouveau tirage de 60 000 exemplaires. “Papillon” bat un record avec 120 000 exemplaires vendus en
moins d’un mois. Au bout du compte, toutes éditions confondues, le livre sera vendu à près de 2,5 millions-
d’exemplaires en France, à plus de l0 millions à l’étranger. L’ancien bagnard a refait sa vie au Vénézuela quand, en juillet 1967, il découvre “L’Astragale”, le livre des (més)aventures d’Albertine Sarrazin. Au début de l’année suivante, il commence à écrire ses aventures, qui rempliront treize cahiers d’écolier. Il les adresse à un éditeur
parisien avec cette lettre Je vous envoie mes aventures, faites-les écrire par quelqu’un du métier. Le ,directeur de la collection “Vécu” assure qu’il n’a fait que rétablir la ponctuation et convertir certains hispanismes trop obscurs.

Après le livre, les Français découvrent à la radio la voix éraillée de Papillon questionné par Jacques Chancel, puis sa gueule de baroudeur et ses dents en or, à la télévision. Les Ardéchois peuvent le voir en chair et en os le mardi 9 septembre, il dédicace son ouvrage à la librairie Marquand à Aubenas. Tu sais, dirat-il à une amie d’enfance, quand j’ai vu les premiers châtaigniers, mon cœur a cogné dur. Hollywood est friand d’histoires spectaculaires. En 1973, “Papillon” est devenu un film, avec ce nom dans la version originale. Le rôle-titre était
joué par Steeve McQueen, excellent dans les personnages de tête brûlée. Son complice Dega était incarné par
Dustin Hoffman, excellent lui aussi dans le rôle de l’intellectuel confronté à un milieu qui n’est pas le sien. La mise en scène avait été confiée à. Franklin J. Schaffner, qui avait à son actif des films à succès comme “La planète des singes” “et “Patton”.